Cave de l’Apocalypse

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Le projet de développement et de réhabilitation de la viticulture à Patmos est en accord avec le renouveau de la viticulture grecque qui lutte contre l’oubli. Riche de centaines de cépages, totalement inconnus en Europe de l’Ouest, la Grèce s’est engagée il y a une vingtaine d’années dans une modernisation de la vinification et un développement de petites propriétés tenues par des vignerons-encaveurs soucieux de conserver le patrimoine viticole national. Ce renouveau est intimement lié à la mise en place d’un système d’appellations d’origine contrôlée calqué sur le système français. Cette évolution vers la qualité, vient après celle des autres pays du sud de l’Europe. Mais il est fort probable que ces prochaines années, la viticulture grecque se fera connaître autrement que par des vins standardisés de grandes caves à dimension internationale. Le respect et la conservation de cépages légendaires seront son principal atout dans le futur.

Des premières évolutions très prometteuses en la matière sont déjà perceptibles sur le plan intérieur, comme sur les exportations.

30 « strèmes » de viticulture biologique
Nous avons comme projet global de reconstituer un vignoble en terrasses dans la plus grande tradition. Nous envisageons une superficie totale de 3 ha ou 30 « strèmes » (selon l’habitude grecque). Les terrains de plusieurs tenants seront loués. L’encépagement serait constitué à 2/3 de cépages blancs et 1/3 de cépages rouges.

Ces cépages seront tous autochtones. Il s’agit de se pencher sur les racines insulaires et s’efforcer de vinifier des vins au caractère régional, grâce à des variétés de cépages anciens.

La viticulture que nous développerons sera une viticulture respectueuse de l’écosystème, une viticulture biodynamique. Il sera bien sûr un argument de vente décisif.

La mécanisation sera de type légère, telle que nous pouvons la voir dans les vignobles de coteaux en Europe. Cela favorisera la main d’œuvre locale et permettra de réaliser un concept de viticulture la mieux intégrée dans l’île. Cette mécanisation légère est du reste indispensable, vu les distances et le temps de transport avec la capitale (7-10 heures de bateau, sans aéroport).

Le produit de ces terres permet d’espérer une production annuelle d’environ 20.000 bouteilles aux normes européennes (75cl), soit 14.000 bouteilles de blanc et 6.000 bouteilles de rouge. L’aspect primordial est d’aménager une cave moderne permettant l’élaboration de produits de très bonne qualité.

La cave comprendra les locaux de réception de la vendange, les chais de stockage, des locaux techniques, des bureaux, le caveau de dégustation, un local de réception des visiteurs et clients, un musée des traditions populaires, ainsi que des chambres pour les travailleurs. L’architecture sera conforme aux traditions séculaires de l’île, afin d’en faire un ensemble parfaitement intégré au paysage.

Hameau de Vagia, la future cave
Le site choisi est le nord de l’île, autrefois viticole. Plus précisément le hameau de Vagia, une vallée verte presque toute l’année, située au bord d’un golfe avec une embouchure assez ouverte qui rayonne sur l’ensemble de l’île. Elle se localise entre Kampos et Livadi Geranou. Ce choix délibéré doit permettre de créer une image au futur vin. La cave doit être aussi un lieu de communication important qui doit permettre d’accueillir des visiteurs. La route goudronnée vers le nord de l’île, où se construit, avec l’aide de l’Union européenne le futur barrage d’eau, passe à côté du terrain destiné à l’implantation de la future cave. C’est à Vagia que se fera l’implantation de la cave, sur un terrain de 4 strèmes déjà acquis.

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Des vins de qualité, d’abord pour la consommation intérieure
La partie œnologique reposera sur la connaissance de la vinification et non sur un excès de technologie. Elle reposera sur la simplicité et la qualité de la cuverie. Il est envisagé de climatiser la cave, notre intention est de développer et rechercher l’utilisation d’énergies renouvelables (énergie solaire et éolienne). La cave doit être dimensionnée suffisamment pour permettre le développement éventuel ultérieur du vignoble de l’île et des îles environnantes, donc d’augmenter le volume du vin. Cette cave disposera de locaux de réception pour la clientèle locale et pour les visites touristiques de groupe. Elle doit finalement pouvoir loger la main d’œuvre.

La commercialisation des vins se fera uniquement en bouteilles. L’essentiel de la production est prévu pour une consommation locale, notamment pendant l’été. La demande en vin local insulaire est très forte pendant la période touristique : elle est aujourd’hui insatisfaite et se reporte sur le vin continental surtout standardisé.

Le reste de la commercialisation sera destiné à la consommation intérieure grecque, il pourrait bénéficier d’une forte valeur ajoutée, du fait de la renommée de Patmos sur le plan religieux, historique et architectural. La commercialisation à l’étranger sera recherchée, vu l’importante communauté grecque vivant hors des frontières et connaissant cette île « sainte ».

Une structure de travail modeste
La structure de travail se composera d’un directeur, d’un œnologue qui s’occupera également de l’aspect viticole et d’un ouvrier viticole. Selon les saisons, du personnel auxiliaire sera aussi indispensable.

Des coopérations internationales
Le projet entend mettre en place un système de coopération avec une école de viticulture suisse. Cela donnerait la possibilité à des étudiants étrangers de se confronter aux spécificités d’une viticulture insulaire et de pouvoir bénéficier à Patmos d’un certain « know how ». Des contacts ont été pris avec l’école de viticulture de Changins (Vaud) en Suisse, intéressée et prête à ouvrir ses portes pour des places de formation et d’études de jeunes grecs.

Outre l’aspect viticole et œnologique, l’aspect écologique a une place centrale dans notre projet : que ce soit dans le processus de production du froid ou du chaud nécessaire à l’élaboration du vin dans un contexte de parfaite maîtrise technologique, que ce soit pour les ressources utiles à l’habitation, le développement des énergies renouvelables, notamment solaires, sera central.

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Une nouvelle offre touristique
Dernier volet de ce projet local. Nous pensons que l’offre touristique d’une visite de cave sera un élément de plus dans l’attrait de Patmos. Cela permettra d’organiser des « fêtes des vendanges » et de créer ainsi une animation culturelle, en redonnant vie à des traditions autrefois vivaces. La disparition de l’agriculture sur ces îles a été également un élément de paupérisation de sa population, de ses racines, de ses traditions et une désertification lente de ses terres.

Il est ainsi prévu de créer un caveau de dégustation, faisant connaître les vins de la Cave de l’Apocalypse, mais aussi la diversité des cépages grecs du nord au sud. Ces dégustations seront associées aux produits locaux (fromage, pain, légumes) qui semblent reprendre vie, après des années d’assoupissement.

Conjointement, un musée des traditions populaires liées à la viticulture, devra permettre aux visiteurs de prendre connaissance d’une réalité disparue, par le biais de quelques instruments retrouvés ou de photos d’époque.

De plus, l’architecture de la Cave sera une recherche d’intégration aux traditions séculaires. Le respect des matériaux traditionnels sera un axe fondamental, afin que le bâtiment bénéficie d’un rayonnement touristique immédiat.

Enfin, une petite chapelle orthodoxe dédiée à St-Tryfon, protecteur des vignerons, sera aussi construite pour perpétuer une tradition religieuse importante de l’île et pour marquer l’attachement à un aliment source d’énergie et de spiritualité.